La littérature scientifique montre que la publicité pour les jeux d'argent influence l'attitude et le comportement de jeu des jeunes. Les stratégies de marketing - qu'il s'agisse de parrainage, de publicité pour un fournisseur ou un produit - peuvent inciter à jouer de l'argent ou même conduire à des comportements de jeu risqués. Dans quelle mesure les jeunes sont exposés aux incitations liées aux jeux de hasard et d'argent est encore peu étudié. L'étude observationnelle actuelle d'Addiction Suisse commandée par le canton de Genève révèle que ces incitations sont omniprésentes dans le quotidien des jeunes.
200 incitations sur six parcours typiques dans la ville de Genève
De août à septembre 2024, six parcours faisant partie des activités quotidiennes typiques des adolescents ont été étudiés dans la ville de Genève. Un total de 200 incitations (publicités, parrainage et autres formats) auxquelles les jeunes sont exposés ont été enregistrées.
Pendant sept jours, les adolescents ont également pris des photos pendant une heure chaque jour de leur comportement de navigation habituel sur Internet. Au total, 211 incitations ont été recueillies sur un total de 91 heures de navigation. Ces enregistrements contenaient des références à des jeux terrestres comme les casinos, ainsi qu'à des jeux en ligne, notamment des casinos et des loteries.
Les sources sont variées et incluent les fournisseurs suisses légaux de jeux en ligne, des influenceurs et influenceuses qui diffusent des contenus présentant le jeu sous un angle mode de vie ou humoristique, ainsi que des offres étrangères illégales et même des publicités pour des jeux d'argent.
En ligne, des défis différents de ceux de l'espace urbain
Dans l'espace urbain, toutes les incitations trouvées respectent les lois en vigueur. Il en va autrement sur Internet, où de nombreux contenus enfreignent ces lois. Ici, il y a des messages - notamment de la part d'influenceurs et d'influenceuses - qui banalisent ou même embellissent les risques. En outre, il manque un contrôle efficace de l'âge, car la publicité pour les jeux d'argent ne doit pas cibler les mineurs. Cependant, les jeunes y sont quand même exposés.
De plus, une proportion considérable des incitations enregistrées dans l'espace numérique renvoie à des fournisseurs internationaux qui ne sont pas autorisés en Suisse.
Plus de réglementation et moins d'incitations
Pour améliorer la situation, Addiction Suisse identifie deux domaines d'action:
- D'une part, les contenus diffusés dans l'espace numérique devraient être mieux régulés. En particulier, les plateformes devraient être obligées d'installer des barrières d'âge efficaces pour éviter que les mineurs ne soient exposés au marketing des jeux d'argent.
- D'autre part, des mesures devraient être prises pour réduire le nombre d'incitations auxquelles les adolescents sont exposés dans l'espace urbain.
Contact presse: Markus Meury Porte-parole d'Addiction Suisse mmeury@suchtschweiz.ch Tel. 021 321 29 63
