Stöckli Skimanufacture : Du laboratoire de recherche à la piste

16.01.2026 | de Fonds national suisse de la recherche scientifique

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Fonds national suisse de la recherche scientifique

16.01.2026, Stöckli est l'un des principaux fabricants de skis au monde. Les ingrédients de sa recette à succès : artisanat, compétition et recherche fondamentale. L'écosystème académique suisse joue le rôle de partenaire stratégique.


Dans la manufacture Stöckli à Malters près de Lucerne, le bois, les fibres et les résines se regroupent comme dans une partition soigneusement composée. Le dernier fabricant de skis en Suisse allie artisanat traditionnel et processus automatisés. L'œil expert et des années d'expérience complètent le travail de précision reproductible des machines : l'ajustement et la perfection sont réalisés à la main. Chaque paire de skis naît ainsi d'un dialogue constant entre expertise manuelle et procédés industriels. En arrière-plan, un autre moteur s'active : la recherche scientifique.

"Pour optimiser un ski, il faut comprendre comment skieurs, matériaux et neige interagissent", explique Mathieu Fauve, chef du service recherche et développement de l'entreprise. Cette approche sollicite plusieurs disciplines : la tribologie ou science de la friction, la biomécanique, la dynamique ou encore la physique des surfaces. La neige est en effet un matériau hautement complexe et imprévisible, dont les réactions ne sont pas encore entièrement élucidées. L'intérêt scientifique n'est pas une fin en soi chez Stöckli, mais stimule depuis des décennies la croissance du groupe. Au cours des dix dernières années, l'entreprise a pu augmenter ses ventes d'environ 35 000 paires de skis à près de 80 000 paires par an. Aujourd'hui, 65 % de cette production est exportée, le chiffre d'affaires estimé s'élevant à environ 60 millions de francs suisses. Cette dynamique économique crée également de nouveaux emplois. Stöckli emploie aujourd'hui entre 220 et 250 personnes, dont environ 80 employés de production sur le site de Malters, soit deux fois plus qu'il y a dix ans rien que dans la fabrication.

Les skis de Marco Odermatt

L'équipe de recherche a augmenté de deux à cinq personnes. "Nous avons embauché de nouveaux collaborateurs ces dernières années, ce qui n'est certainement pas la norme dans le secteur du ski", raconte Mathieu Fauve. À une époque où de nombreuses marques délocalisent leur production en Asie, la PME lucernoise a choisi une autre voie : elle maintient sa présence en Suisse et mise sur une collaboration étroite avec les universités et les laboratoires de recherche.

Pour comprendre l'importance de la contribution scientifique, il suffit de se tourner vers Davos. C'est ici que se trouve le SLF, l'institut renommé de recherche sur la neige et les avalanches, et partenaire éprouvé de Stöckli. Avec l'équipe du SLF, l'entreprise a analysé la structure et le comportement des cristaux de glace en fonction de la température et de l'humidité. De cette collaboration sont nées des semelles de ski plus rapides avec une friction réduite sur la neige.

Ce léger gain de vitesse peut décider d'une course. Les résultats de cette recherche se retrouvent aussi dans les skis du champion olympique Marco Odermatt, qui est partenaire du fabricant suisse. Les courses de descente, de Super G et de slalom géant deviennent alors un laboratoire élargi. "Souvent, les innovations que nous développons pour le sport de compétition se retrouvent aussi dans les modèles de série pour le sport de masse", explique Mathieu Fauve. La science donne des impulsions, la compétition apporte la confirmation.

Un carapace de tortue comme point de départ pour l'innovation

Un des projets des plus singuliers de la maison Stöckli a commencé bien loin des pistes avec une publication scientifique sur la structure des carapaces de tortue. Lors d'un séminaire sur les matériaux bio-inspirés, la chercheuse Véronique Michaud du Laboratoire de technologie des composites et des polymères de l'EPFL s'est inspirée de cette architecture du règne animal. La carapace des tortues se comporte, en effet, de manière flexible ou rigide selon la charge.

Un ski pourrait-il peut-être réagir de manière aussi adaptable ? De cette idée est née en 2016 une collaboration avec Stöckli. "Ce projet illustre parfaitement notre approche : la recherche envoie une impulsion, nous vérifions, dans des travaux communs, sa pertinence et enfin, nous passons à la mise en œuvre industrielle", résume Mathieu Fauve. Il en fut de même dans ce cas : une étude a ouvert de nouvelles portes, des prototypes ont fait surface dans l'atelier, puis les séries de tests ont débuté. Près de trois ans se sont écoulés entre l'idée et la production en série. Quelques années plus tard, cette technologie est toujours intégrée dans plusieurs modèles de la marque. Elle est originale, efficace et facile à expliquer lors de la vente de skis. Un parfait exemple d'une collaboration réussie entre la recherche et l'application.

Main dans la main avec les universités

Pour ses projets de R&D, Stöckli s'appuie régulièrement sur l'écosystème académique suisse. "C'est une situation gagnant- gagnant : chez Stöckli, nous progressons plus rapidement, et les universités peuvent financer des postes, publier et gagner en visibilité". Actuellement, l'entreprise examine la durabilité de ses produits, et souhaite également réduire les charges biomécaniques, de sorte que les amateurs de ski se fatiguent moins vite. Ces questions ouvrent de nouveaux partenariats avec les étudiants et les centres de recherche. Une preuve que le cycle de l'innovation ne se ferme jamais complètement.

Cette dynamique dépasse de loin l’usine de Malters : elle englobe un réseau de fournisseurs majoritairement européens et plus de mille distributeurs dans le monde, ainsi que dix magasins spécialisés en Suisse (cinq permanents et cinq saisonniers). La croissance de Stöckli est stimulée par la collaboration avec le monde de la recherche, enrichit toute la région et renforce l'image de la Suisse en tant que pays d'excellence.

Le texte de cette actualité et d'autres informations sont disponibles sur le site du Fonds national suisse de la recherche scientifique.

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Source : Fonds national suisse de la recherche scientifique, communiqué de presse

Article original en allemand publié sur : Stöckli-Skimanufaktur: Vom Forschungslabor auf die Piste


Traduction automatique depuis l’allemand avec l’aide de l’intelligence artificielle. Contenu relu pour le lectorat francophone. Seul le texte original du communiqué de presse fait foi.